Le Figaro-Histoire (depuis 2015)

lundi 5 juin 2017.
 

Le Figaro-Histoire publie dans son n° 17 (décembre 2014-janvier 2015) un gros dossier intitulé "Algérie, la guerre sans nom".

Présenté en tête du numéro par le rédacteur en chef Michel De Jaeghere sous le titre "La guerre d’Algérie est-elle terminée ?", ce dossier remarquablement bien illustré couvre les pages 42 à 103. On y trouve notamment les articles suivants :

-  "L’étrange défaite", par Guillaume Zeller (pp 44-53 ;

-  "Quand De Gaulle avance masqué", par Henri-Christian Giraud (pp 54-59) ;

-  "Anatomie d’une guerre sans nom", par Olivier Dard (pp 60-69) ;

-  "Les jours les plus longs", par Pierre Pellissier (pp 70-75) ;

-  " Leur après guerre ", par Guy Pervillé :

" Loin du cessez-le-feu espéré, les accords d’Evian libérèrent la violence contre les Français d’Algérie et les harkis, divisèrent l’armée française et ouvrirent les vannes à l’immigration algérienne. Ils ont aussi déclenché entre les deux pays une guerre des mémoires qui dure encore. "

Introduction p 78 : "Si la date du début de la guerre d’Algérie n’est pas contestée, celle de sa fin reste problématique. 19 mars 1962 ? C’est la date du cessez-le-feu prévu par les accords d’Evian, mais a-t-il été vraiment respecté ? 3 juillet 1962 ? C’est celle de la fin de la souveraineté française sur l’Algérie et de la reconnaissance officielle de l’Etat algérien par la France, mais elle n’a pas mis fin à la violence en Algérie, bien au contraire. 25 septembre 1962 ? C’est la date de la réunion de la première Assemblée nationale élue sur une liste unique le 20 septembre,mais elle n’a pas suffi à donner immédiatement au premier gouvernement algérien une autorité suffisante pour rétablir l’ordre dans tout le pays. Fin décembre 1962 ? Cette dernière date, la moins connue de toutes, est celle de la séparation entre le Trésor français et le Trésor algérien. Mais en réalité, il y en a encore d’autres à considérer, par exemple celle de la nationalisation du pétrole du Sahara, le 12 avril 1971. En fin de compte, nous pouvons même nous demander si la guerre d’Algérie est vraiment finie, et si elle finira un jour."

Conclusion p 83 : "Depuis lors, les présidents Sarkozy puis Hollande ont l’un et l’autre refusé cette revendication algérienne. En janvier 2013, l’intervention française au Mali contre les groupes armés islamistes se fit avec l’accord tacite de l’Algérie, qui subit en représailles la grave prise d’otages d’In Amenas. En 2014 les invitations acceptées par l’Algérie à participer au défilé du 14 juillet à Paris et à la revue navale de Toulon le 15 août semblent avoir scellé une quasi-alliance franco-algérienne. Mais comment croire en sa durée quand le ministre algérien des Anciens Moudjahidin, Tayeb Zitouni, déclare le 17 octobre : "Notre devoir est de continuer à dévoiler les massacres et les crimes barbares perpétrés par l’armée coloniale française en Algérie au temps de l’occupation. Nous organiserons des séminaires, colloques, et produirons des documents écrits et audiovisuels sur cette période jusqu’à ce que vienne une génération en France qui reconnaîtra les crimes de ses ancêtres et demandera pardon. Ce jour-là, nous refuserons ce pardon, parce que tout ce que la France a commis en Algérie est impardonnable" (Le Soir d’Algérie, 17 octobre 2014).

Lire le texte complet de cet article dans les pp 76-83.

Le Figaro-Histoire publie dans son n° 53 (décembre 2020-janvier 202&) un gros dossier intitulé "Ce qu’était l’Algérie française. De la conquête à la rébellion".

Présenté en tête du numéro par le rédacteur en chef Michel De Jaeghere sous le titre "Algérie, terre d’empire", ce dossier remarquablement bien illustré couvre les pages 40 à 103. On y trouve notamment les articles suivants :

-  "Ombres et lumières de la conquête", par Guy Pervillé (pp 40-51) ;

-  "L’Empereur en son royaume", par Eric Anceau(pp 52-57) ;

-  "L’Oeuvre française en Algérie", par Jean Sévillia (pp 58-67) ;

-  "Stora entre deux rives", par Jean Sévillia (pp 68-69) ;

-  "Illusions perdues", par Pierre Vermeren (pp 70-79) ;

-  "Abd-el-Kader, le meilleur ennemi", par Jacques Frémeaux (pp 80-83).

Introduction et premier paragraphe de mon article ( pp 42-44) et conclusion (p 51) :

"Le 5 juillet 1830, à la suite d’un conflit entre le dey Hussein et le roi Charles X, la régence d’Alger, alors province autonome de l’Empire ottoman, capitula face aux troupes française. La France mettra longtemps à décider que faire de sa conquête. Et à donner consistance à un pays nouveau : l’Algérie".

"L’Algérie existait-elle, en tant qu’Etat et en tant que nation, au moment où les Français s’emparèrent d’Alger le 5 juillet 1830 ? Ou bien est-elle une création de la conquête et de la colonisation françaises ? La question s’est posée avec acuité durant la guerre d’indépendance de l’Algérie, quand la délégation du FLN à l’Assemblée générale de l’ONU a soutenu en janvier 1957 : "Avant 1830, l’Algérie, partie intégrante du monde musulman et du Maghreb arabe, formait un Etat : la régence d’Alger. La France a supprimé cet Etat et annexé son territoire. Pour justifier cette annexion, elle nie froidement l’évidence". Sept ans plus tard, le grand historien français Charles-André Julien - pourtant favorable à l’indépendance - ripostait énergiquement dans le tome I de son Histoire de l’Algérie contemporaine : "En 1830, l’Algérie demeurait, en droit, une province de l’Empire ottoman ; en fait, c’était une colonie d’exploitation, dirigée par une minorité de Turcs, avec le concours de notables indigènes". Cette question n’a pas cessé de se poser depuis. Pour tenter d’y répondre, distinguons le nom de l’Algérie, l’Etat qui s’en réclamait, l’espace qu’il recouvrait et la population qui l’habitait, avant et après l’arrivée des Français"....................

"Ainsi, si l’Algérie a réussi à devenir le plus grand Etat d’Afrique (2,38 millions de km2), c’est moins grâce aux sacrifices de ceux que ses dirigeants désignent comme ses ’martyrs’ qu’à l’héritage de l’expansion coloniale française, légitimé en 1964 par la déclaration de l’Organisation de l’unité africaine sur la pérennité des frontières coloniales."

Guy Pervillé



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