Les lieux de mémoire occultés de l’Algérie française (2012)

jeudi 5 novembre 2020.
 
Cet exposé a été présenté à la journée d’étude du 15 mars 2012 organisé par Jacques Alexandropoulos dans le cadre du Master arabe-histoire de l’Université de Toulouse-Le Mirail.

L’Algérie a connu successivement deux politiques mémorielles contradictoires dans le siècle passé : d’abord une politique française, à la fois nationale et coloniale, jusqu’en 1962, puis une politique nationaliste algérienne, prenant le contre-pied de la précédente. Ce qui conduisit les derniers partisans de l’Algérie française à tenter de sauvegarder l’héritage de la première par une politique de « rapatriement » des monuments mémoriels.

Nous évoquerons donc successivement la politique mémorielle de l’Algérie française, à travers six monuments particulièrement importants, puis le déracinement et la tentative de réimplantation de ces monuments en métropole, et enfin la nouvelle politique mémorielle algérienne, par le biais du traitement qu’elle a réservé aux monuments délaissés par la France.

La politique mémorielle de l’Algérie française

Cette politique présentait un double caractère : elle était à la fois nationale et coloniale. Elle s’expliquait donc à la fois par l’apparition progressive d’une véritable politique mémorielle nationale de la France au cours du XIXème siècle, et par la volonté de consacrer symboliquement le rattachement du territoire algérien nouvellement conquis au territoire national français. Pour saisir cette politique mémorielle particulière, le plus simple est d’évoquer successivement un peu plus d’une demi-douzaine de monuments importants en les rangeant suivant un ordre chronologique.

Le plus ancien par sa date est la statue du duc d’Orléans, l’aîné et le plus populaire des fils du roi Louis-Philippe Ier. Ce prince, qui avait participé honorablement aux combats de la conquête de l’Algérie, mourut accidentellement le 13 juillet 1842 à Neuilly-sur Seine, et fut très regretté. Il fut décidé de lui ériger par souscription deux statues équestres, à Paris et à Alger, représentant le prince coiffé d’un bicorne, bien droit sur un cheval piaffant. La statue algéroise fut érigée en octobre 1845 sur la place du Gouvernement, devant la mosquée de la pêcherie (Djemaa djedid). Peu après, en mars 1848, la population s’opposa avec succès à son enlèvement ordonné par le gouvernement provisoire de la IIème République. La statue resta en place jusqu’à la fin de l’Algérie française.

La statue du maréchal Bugeaud, principal conquérant de l’Algérie dans les années 1841-1847, fut érigée par une souscription « ouverte parmi la population et l’armée et avec l’aide du trésor de l’Etat », sous la présidence du prince-président Louis-Napoléon Bonaparte, et inaugurée le 14 août 1852, dans ce qui était alors le centre de la nouvelle ville française d’Alger, située au sud de la Casbah : au centre de la place Bugeaud, interrompant en son milieu l’alignement de la rue d’Isly (nom commémorant la grande victoire remportée par Bugeaud en 1843 sur l’armée du sultan du Maroc). La statue de bronze, érigée en 1852, quelques années après le décès du maréchal mort à Paris du choléra en 1849, le représentait sobrement sur un socle élevé taillé dans un bloc de porphyre, en tenue de campagne et tête nue, debout sans cheval, tenant son sabre dans son fourreau du côté droit et sa main gauche relevée sous son baudrier ; elle donnait une impression de puissance maîtrisée. A ses pieds étaient figurés des étendards marocains. Une grille ouvragée fut ajoutée en 1855, mais la plaque rappelant l’identité du grand homme attendit d’être posée jusqu’en 1909. La statue fut déplacée en 1927 sur le côté ouest de la place pour laisser son centre à la circulation automobile dans l’axe de la rue.

Le troisième par sa date (1891) fut le monument aux morts de Palestro (sur l’oued Isser, à la limite de l’Algérois et de la Kabylie. Ce village de colonisation récente (1868) avait été en 1871 marqué par la résistance de ses colons aux insurgés indigènes, et par le massacre d’une grande partie de ses défenseurs par les assaillants momentanément victorieux. Raphaëlle Branche décrit ainsi le monument aux morts de 1871 dans son livre intitulé L’embuscade de Palestro, Algérie 1956 [1] : « Il s’élève à plusieurs mètres au-dessus du sol, à l’emplacement de la fosse commune. Les restes des victimes qui reposaient là ont été exhumés pour être ré-inhumés dans le caveau situé sous un vaste socle où ont été inscrits les noms des morts [2]. Il est composé d’un groupe statuaire représentant un colon, manches de chemise retroussées, tenant un fusil de ses deux mains et protégeant de tout son corps une femme et un enfant affolés, agenouillés derrière lui et enserrant, pour l’enfant son mollet gauche et, pour la femme, son genou droit » [3].

Les quatre derniers monuments ont été érigés plus tard, en 1928, 1930 et 1931. D’abord le monument aux morts d’Alger, inauguré le 11 novembre 1928, pour le dixième anniversaire de la fin victorieuse de la Grande guerre. Il fut l’une des plus grandes oeuvres du sculpteur Landowski (1875-1961), encore plus célèbre pour sa gigantesque statue du Christ rédempteur inaugurée en 1931 à Rio de Janeiro sur le pain de sucre du Corcovado. Le monument d’Alger est situé sur un palier au milieu de la coulée de verdure qui descend de la place du Forum - en face du Gouvernement général érigé de 1929 à 1934 - vers la mer. Il représente un gisant (connu sous le nom « le pavois ») porté à bout de bras par trois cavaliers de front (dont un soldat français à droite et un soldat musulman à gauche, encadrant la victoire au milieu). A l’arrière, deux femmes qui s’embrassent, et deux vieillards, un Européen et un musulman, s’appuyant l’un sur l’autre. En dessous de cette sculpture monumentale, un bas-relief représente des soldats européens et musulmans : au milieu et en avant, des drapeaux sont présentés aux veuves et à leurs enfants. Sur des plaques situées encore en dessous, sont gravés les noms de 10.000 soldats algérois, français et français musulmans, tombés au champ d’honneur. Ce monument joua un rôle plus politique durant la guerre d’Algérie, celui de lieu de rassemblement des manifestants favorables à la défense de l’Algérie française, notamment le 13 mai 1958, jour de la prise du Gouvernement général par les manifestants.

Le centenaire de l’Algérie française en 1930 fut marqué par l’inauguration de deux grands monuments commémoratifs : le monument du centenaire du débarquement de l’armée française à Sidi Ferruch, à trente kilomètres à l’ouest d’Alger, et le monument aux colons de Boufarik, au cœur de la plaine de la Mitidja.

Le monument de Sidi Ferruch était l’œuvre du sculpteur Emile Gaudissart. Il avait la forme d’une stèle monumentale, portant gravée en haut les deux dates : 1830-1930. Au centre de la stèle, un bas-relief représentait la France dans le style drapé d’une Athéna grecque, tenant un drapeau de sa main droite (dans le côté gauche du bas-relief), étreignant de son bras gauche (à droite) une femme plus petite, à la tête légèrement voilée, représentant l’Algérie. En dessous, sur une plaque, on pouvait lire : « Ici, le 14 juin 1830, par ordre du roi Charles X, sous le commandement du général de Bourmont, l’armée française vint arborer ses drapeaux, rendre la liberté aux mers, donner l’Algérie à la France.

Cent ans après, la République française ayant donné à ce pays la prospérité, la civilisation avec la justice, l’Algérie reconnaissante adresse à la mère-patrie l’hommage de son impérissable attachement. »

Ce monument fut inauguré le 5 mai 1930 par le président de la République Gaston Doumergue, en présence de la vicomtesse de Bourmont, descendante du général. Le 14 juin, le centenaire du débarquement fut célébré par une fête de l’union des populations française et indigène.

A Boufarik, haut lieu de la colonisation française au milieu de la plaine de la Mitidja, qu’elle avait arraché au paludisme, un gigantesque monument s’étendait sur plusieurs dizaines de mètres de largeur et à la hauteur d’un deuxième étage. En haut du mur, une gigantesque inscription en lettres capitales dédiait le monument « AU GENIE COLONISATEUR FRANÇAIS », et un peu plus bas, « Aux héros, Aux pionniers de la civilisation, Aux réalisateurs de la plus grande France ». Tout en bas, des bas reliefs représentant des hommes et des femmes occupés aux travaux de la terre. Au centre, sur un socle auquel on accédait par un large escalier, un bas-relief monumental représentait côte à côte les animateurs de la colonisation : Bugeaud, le comte de Vialar, le caïd Benchoua (assassiné pour ses sentiments francophiles), le général Lamoricière, Borély La Sapie, etc. Le monument fut également inauguré le 5 mai 1930 par le président de la République Gaston Doumergue, accompagné par neuf ministres et par le maréchal de France Franchet d’Esperey, « pied-noir » d’origine.

Enfin, la Légion étrangère, basée à Sidi-Bel-Abbès depuis sa création en 1831, décida d’y construire un monument commémoratif de son propre centenaire. Sur une idée du colonel Rollet, fut construit une sorte de cénotaphe rectangulaire, orné de guirlandes et surmonté d’un globe terrestre reposant sur une brassée de palmes. Quatre légionnaires armés en uniformes caractéristiques de différentes époques montent la garde aux angles du cénotaphe. Les travaux débutèrent en 1929 ; pour utiliser une carrière d’onyx à 75 km de la ville, la Légion dut ouvrir une route. Une souscription lancée par les légionnaires retraités permit le financement des travaux. La construction eut lieu en septembre et octobre 1930 ; l’inauguration eut lieu le 30 avril 1931 pour la fête de Camerone. Des chaînes furent installées autour du monument en 1947.

Ainsi, nous voyons la fonction glorificatrice assumée par tous ces monuments, et le lien très fort qu’ils voulaient exprimer entre le patriotisme français et un patriotisme colonial intimement associé au précédent. D’autre part, il apparaît que dans les monuments les plus récents - sauf celui de la Légion étrangère - l’iconographie exprimait une volonté d’associer les « indigènes » aux commémorations, mais d’une manière très paternaliste, sans reconnaissance d’égalité.

Déracinement et tentatives de réimplantation des monuments de l’Algérie française en métropole

Or l’indépendance, survenue en 1962 après une très dure guerre déclenchée par les nationalistes algériens musulmans en 1954, déclencha un rejet total de cette politique commémorative coloniale par les nouvelles autorités. Pour éviter des profanations plus ou moins graves [4] sur lesquelles nous reviendrons plus loin, l’action de l’Etat favorisa le « rapatriement » des monuments et des statues qui avaient pu être démontés et emportés, et qui furent réinstallés plus ou moins rapidement sur de nouveaux sites. Mais la politique officielle d’amnésie et le déracinement de ces monuments mémoriels dans une métropole qui, dans sa grande majorité, rejetait désormais cette mémoire coloniale, ne facilita pas la persistance d’une mémoire vivante, en dehors de milieux très limités (rapatriés et nostalgiques de l’Algérie française). Sur cette question, on consultera avec profit l’excellente article de Pierre-Frédéric Charpentier publié dans les Cahiers d’histoire immédiate n° 43, automne 2008 [5]. C’est seulement depuis la reconnaissance officielle de l’expression « guerre d’Algérie » par la loi du 18 octobre 1999 que l’Etat s’est efforcé de définir une politique mémorielle nationale, mais sans succès. La définition de cette politique n’a pas réussi à éviter le conflit entre une mémoire « de gauche » anticolonialiste et une mémoire « de droite » favorable à réhabilitation au moins partielle de l’œuvre coloniale française, comme on l’a vu avec le vote de la loi du 23 février 2005 sous la présidence de Jacques Chirac [6]. Ainsi, c’est une véritable « guerre des mémoires » qui s’est réveillée, et la mémoire de l’Algérie française apparaît, à tort ou à raison, comme de plus en plus droitière.

Dans ce contexte, que sont devenus les monuments de l’Algérie française qui ont pu être « rapatriés » ? Les statues du duc d’Orléans et de Bugeaud ont été emportées et ont retrouvé un cadre favorable après de nombreuses péripéties, la première à Neuilly-sur-Seine depuis 1981, la deuxième à Excideuil, petite ville de Dordogne dont Bugeaud avait été le bienfaiteur, en 1999. Le discours d’inauguration y fut prononcé par Bernard Létrange, ancien officier et président du Cercle algérianiste de Bordeaux. Le monument de la Légion à Sidi-Bel-Abbès fut promptement déménagé à partir du 29 septembre 1962, et remonté à Aubagne avec un nouvel habillage de marbre de Provence ; il y fut inauguré le 30 octobre 1963. Quant au monument de Sidi-Ferruch, il fut sauvé de justesse. Le 3 juillet 1962, date de la proclamation de l’indépendance, une foule musulmane en liesse y vint avec les nouveaux drapeaux de l’Algérie pour le profaner avant de le détruire, après avoir déscellé l’inscription citée plus haut ; mais la blessure accidentelle d’un manifestant par le rebond d’une pierre fit ajourner l’opération au lendemain. Dans la nuit du 3 au 4, le 3ème régiment de parachutistes de marine enleva les bas-reliefs et les inscriptions et plastiqua l’armature de béton. Beaucoup plus tard, en 1986, le conseil d’administration du Cercle algérianiste des Pyrénées orientales visita la redoute Béar à Port-Vendres, et décida d’y reconstruire le monument de Sidi-Ferruch, avec les soutiens de plusieurs élus locaux. Le bas-relief fut restauré en juillet 1987, et le monument inauguré le 14 juin 1988.

A l’opposé, le monument de Palestro fut détruit dès l’indépendance, comme nous le rappelle Raphaëlle Branche : « Ainsi, dès le jour de l’indépendance, au milieu de la liesse qui depuis plusieurs jours parcourait la ville, le groupe statuaire commémorant la résistance des colons en 1871 fut abattu par quelques jeunes. Un mois plus tard, c’est son socle que les autorités municipales décidèrent de démolir, non sans avoir recueilli les restes des corps dans cercueils. Ceux-ci seront portés en terre après qu’une absoute aura été prononcée dans l’église - bâtiment qui, lui-même, sera plus tard transformé en mosquée tandis que le presbytère abritera des bâtiments commerciaux » [7]. Quant au monument de Boufarik, il fut aussitôt détruit au début juillet et laissé en ruines, jusqu’à ce que, selon Le Monde du 30 octobre 2002, la municipalité décide de construire à cet emplacement un hôtel pour les touristes qui viendront visiter la « ville des oranges ». Il n’en subsiste qu’un petit morceau de bas-relief, « le faucheur », conservé dans l’impasse de la briqueterie à Louveciennes (Nord).

Moins brutal mais tout aussi déplorable fut le sort de la plupart des cimetières européens, abandonnés sans pouvoir être entretenus par les familles. Un très grand nombre a souffert d’un délabrement dû à la négligence ou même à un vandalisme délibéré. Depuis plusieurs années, le gouvernement français négocie avec le gouvernement algérien le regroupement de ces trop nombreux cimetières en un petit nombre, plus faciles à surveiller et à entretenir.

Quant au monument aux morts d’Alger, il se trouve dans une situation unique. Longtemps épargné après l’indépendance, il fut recouvert d’un coffrage de ciment en 1978 - au moment où les relations franco-algériennes étaient devenues particulièrement mauvaises - à l’occasion d’une rencontre des Etats africains à Alger. Ce coffrage fut recouvert d’un mémorial sculpté, réalisé par le peintre M’hammed Issiakhem (1928-1985), à la gloire de la liberté et de la guerre d’indépendance, où l’on voit des mains enchaînées émerger du béton. Selon le journal El Watan, Issiakhem aurait bétonné le monument pour lui éviter d’être détruit. Mais jusqu’à présent, malgré de nombreuses tentatives de rapprochement franco-algérien, il n’a pas été exhumé [8]. Au contraire, il fut plusieurs fois badigeonné de peintures criardes, et abandonné à la patine du temps. Son éventuelle réhabilitation dépend de la politique mémorielle algérienne et de l’évolution des relations algéro-françaises.

La politique mémorielle de l’Algérie indépendante

En effet, l’Algérie a depuis son indépendance une politique mémorielle tout-à-fait opposée à celle de l’ex-Algérie française. Cette révolution mémorielle s’est traduite par deux séries de faits : d’une part, de nombreuses destructions de monuments coloniaux, de l’autre, des constructions encore plus nombreuses de plaques, de stèles et de monuments en l’honneur des martyrs qui ont donné leur vie pour que vive leur patrie.

Quelquefois un monument patriotique a remplacé sur le même site un ancien monument colonial. Le cas le plus connu est celui de la place Bugeaud, devenue très logiquement la place de l’émir Abdelkader, à Alger. Dans la première moitié des années 1970, cette statue était de dimensions modestes, en harmonie avec les dimensions mesurées de la place où elle se situait. L’émir était représenté chevauchant sereinement un petit cheval au galop. Mais plus tard, cette statue fut remplacée au même emplacement par un nouveau monument colossal, reposant sur un socle très élevé orné de plusieurs autres cavaliers en bas relief, sur lequel on voit la statue de l’émir dressé sur ses étriers brandir un sabre menaçant.

Quant aux nouveaux monuments mémoriels, le plus important est, à Alger, le gigantesque mémorial des martyrs (Makham El Chahid), construit sur une terrasse à l’emplacement de l’ancien fort des Arcades. Erigé en 1982, le monument d’une hauteur de 92 mètres, est composé de trois feuilles de palmier qui se rejoignent à mi-hauteur, d’une tourelle de style islamique d’un diamètre de 10 mètres et d’une hauteur de 7,6 mètres et surmontée d’un dôme de 6 mètres. Au bord de chaque feuille de palmier se dresse une statue d’un soldat, chacun représentant une étape de la lutte pour l’indépendance de l’Algérie.

D’autre part, le principal lieu de mémoire de l’Algérie indépendante est le « carré des martyrs » du cimetière national d’El Alia, dans la banlieue sud-est d’Alger, où sont enterrés de nombreux héros nationaux, et notamment les anciens chefs de l’Etat comme les anciens présidents Houari Boumedienne, Mohammed Boudiaf, et plus récemment Chadli Bendjedid en 2012, et Ahmed Ben Bella puis Ali Kafi en 2013.

Dans ces conditions, quelle pourrait être la signification d’une éventuelle exhumation du monument français aux morts de la Grande guerre ? Le président Chirac avait clairement exprimé le vœu de voir l’Algérie réhabiliter la participation de tous ses fils aux guerres de la France, quand il avait invité le président Bouteflika aux cérémonies commémoratives du débarquement de Provence le 15 août 2004, et attribué à la ville d’Alger la croix de la Légion d’honneur [9]. L’Algérie doit-elle continuer à se construire contre la France, ou bien peut-elle assumer tout son passé ? Tel est l’enjeu politique dont dépend le sort final du monument aux morts d’Alger.

Guy Pervillé

[1] Raphaëlle Branche, L’embuscade de Palestro, Algérie 1956, Paris, Armand Colin, 2010, 256 p.

[2] “ Sur plus de cent habitants européens, quarante-six sont tués, seize s’enfuient, et quarante-trois sont emmenés comme prisonniers”, selon Branche, op. cit., p. 98.

[3] Branche, op. cit., p 102, photographie p 103.

[4] Par exemple, la statue du duc d’Orléans sur la place du gouvernement au pied de la Casbah d’Alger fut coiffée d’une poubelle le jour de l’indépendance.

[5] Pierre-Frédéric Charpentier, “Le retour d’une mémoire refoulée, les lieux de mémoire de l’Algérie française”, Cahier d’histoire immédiate, (Toulouse, Groupe de recherche en histoire immédiate) n° 34, automne 2008, pp. 139-151. Sur la couverture, on voit une photo en couleur du monument aux morts de Philippeville réinstallé dans le cimetière de Toulouse.

[6] Voir notamment mon article « De la glorification à la repentance : la mémoire et l’histoire de la guerre d’Algérie dans le cadre de la nouvelle politique mémorielle française » paru dans les actes du colloque L’histoire nationale en débats. Regards croisés sur la France et le Québec, Paris, Riveneuve, 2010, et sur mon site http://guy.perville.free.fr/spip/article.php3 ?id_article=255.

[7] Branche, op. cit., pp. 150-151.

[8] Voir la lettre d’Eric-Hubert Wagner, président de l’association « Enfants de là-bas », aux président Bouteflika et Chirac, 16 août 2004, sur le site D’Algérie-Djezaïr, mouvement de réconciliation, http://dalgerie-djezair.viabloga.com/news/monument-aux-morts-d-alger-l-oeuvre-de-landowski-recouverte-par-celle-de-issiakhem .

[9] Le Monde du 17 août 2004 rend compte de la place réservée à la relation franco-algérienne dans cette commémoration : « M. Chirac honore Alger, « capitale de la France combattante », à laquelle il a décerné « en tant que capitale de la France combattante, la croix de la Légion d’honneur ». Cité dans mon article « L’histoire immédiate de la relation franco-algérienne : vers un traité d’amitié franco-algérien ? », in Bilan et perspectives de l’histoire immédiate, colloque du GRHI (Toulouse, 5 et 6 avril 2006), Cahier d’histoire immédiate n° 30-31, automne 2006-printemps 2007, sur mon site internet : http://guy.perville.free.fr/spip/article.php3 ?id_article=61 .



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